jeudi 21 mars 2013

Voilà un an, le corps en silence

Voilà un an, le corps en silence.
Comme un coup porté à la nuque
Brisant sans la moindre alerte
La folie dompté qui fût mienne.

S'invitant comme reine en son palais
La douleur à sa suite,
Explosant la porte de chaque chambre
Se couronnant de mépris.

Sygdom, Sygdom Impératrice,
Sur le royaume de mon corps.
Un an, sans comprendre
Sans pardon ni pourquoi.
Oubliant les amants, les fous et les aimés
Eructant sur ceux-là même qui
De leur culte me sauvait.

Se plier, se tordre
Et faire son propre deuil.
Combattre sans cesse
Sans ne rien connaitre
De cet ennemi impossible
Cet inconnu merveilleux
Qui croise et recroise
Les choses du corps.

Corps, Corps,
Encore lui,
Encore toi
Et pour toujours.
Ne connaitras-tu donc jamais de Paix.

Pace et partir
Fuir, fuir et férir encore
Férir pour ne pas périr.
Pas encore, pas maintenant, pas déjà.

Revenir plus que toujours
Aux mêmes endroits
Aux mêmes creux.

Et avoir le souffle qui s'épaissit
La tête qui tourne
Et la poitrine qui se creuse
A la moindre de ses évocations.
Comme l'urgence qui remonte
Dans la paume de nos mains.

Se perdre la raison
Et faire taire la peur
La tête contre les murs.
Bâtir des empires de colères
Laver ses hurlements à la lumière de nos rages célestines.

N'être jamais plus seul que dans les mains des autres
Des autres oubliants.
Baveur de boue
Damné des Damnants
Se glorifiant de leurs propres vanités.

Vanité, Vanité, Vanité.
Pour les Soleils effacés
De nos Aubes perdues.

Sans le moindre cap,
Je tiens pourtant toujours la voile haute.
Sans la moindre couleur
Dans le fond de mes closes paupières,
Me voilà, combattant acharné des pertes intimes.

Me voilà, tenant encore debout.
Face à ce néant lacéré
Posant sur mes restes
Les Oiseaux lancinants de landes disparues.

Me voilà, me voilà.
A jamais immolé dans ma propre chair.

Et quand viendra cette fin,
Quand l'heure de l'Apothéose
Se posera sur mon épaule
Quand je me saurai enfin victorieux
Sans la première larme
Je cracherai au visage délavé
De cette infirmité sans valeur

Sygdom, Sygdom, Sygdom,

Fais toi Reine, je te ferai Morte.

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